L’approche à la prévention du Centre de prévention des agressions de Montréal est élaborée à partir d’une analyse féministe de la vulnérabilité, c’est-à-dire une analyse du pouvoir. Les programmes qui en découlent s’efforcent de permettre à ceux et celles qui sont vulnérables aux agressions de reprendre du pouvoir. Cette approche inclut la réappropriation du pouvoir sur tous les axes d’oppression. Ainsi, une femme vivant plus d’une oppression (de genre, d’appartenance culturelle, religieuse, linguistique, de capacité physique, d’âge, etc…) pourrait vivre des agressions non seulement parce qu’elle est femme mais aussi parce qu’elle est membre d’un autre groupe vulnérable aux agressions. De même, un enfant qui est également membre d’un autre groupe vivant de l’oppression a une vulnérabilité accrue. Cette analyse de l’intersection des oppressions informent tous nos programmes.
En proposant des stratégies pratiques au lieu d’imposer des règles, les programmes améliorent la qualité de vie des gens sans restreindre leur liberté et les prépare à faire face à diverses situations d’agression.
Une stratégie de prévention basée sur l’autonomie s’attarde à proposer des choix aux gens et à les amener à acquérir la force intérieure nécessaire pour respecter leurs choix. Cette approche met l’accent sur le respect de la personne, le choix et la responsabilité de chacune et sur le droit de toutes et tous à la sécurité, à la force et à la liberté. Le bureau d’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) du Québec, le ministère de la Santé et des services sociaux reconnaissent ainsi l’approche spécifique du Centre de prévention des agressions de Montréal.
Quelle est notre approche ?
En plus d’une analyse du pouvoir, l’analyse des facteurs qui augmentent la vulnérabilité aux agressions, et qui est tiré du projet CAP-ESPACE, est prise en compte dans le développement de tous nos programmes. Il s’agit :
- du manque d’information sur la réalité des aggressions et sur les moyens de les prévenir et de les arrêter.
- de la dépendance émotionnelle, physique et économique vis à vis les personnes qui ont le pouvoir d’agresser.
- de l’isolement des ressources communautaires pouvant les aider à mettre fin aux agressions et à reprendre le contrôle de leur vie.
Comment réduire la vulnérabilité ?
Pour réduire la vulnérabilité, il importe de fournir des informations exactes sur les agressions, de même que sur les outils et les stratégies concrètes qui sont efficaces pour faire face à la violence et l’arrêter. Ensuite, il est essentiel de créer un climat où l’on peut réduire l’isolement en élaborant des ressources axées sur les pairs et la collectivité. De plus, les interventions sont axées sur l’amélioration de l’estime de soi et de la confiance en soi tout en augmentant l’autonomie de chacun et chacune.
Comment cette approche se traduit-elle dans les programmes ?
Les programmes du Centre de prévention des agressions de Montréal sont élaborés en tenant compte des facteurs de vulnérabilité et d’une analyse du pouvoir. Le projet ESPACE, développé en 1978, offre aux enfants des informations pertinentes et des outils concrets et vise à sensibiliser les parents et le personnel scolaire à la réduction des facteurs de vulnérabilité. Le projet ACTION cherche activement à améliorer la confiance des femmes et des filles en notre capacité de se défendre et de faire des choix autonomes dans notre vie. Ces deux programmes sont aussi adaptés pour diminuer la vulnérabilité des femmes ayant une limitation fonctionnelle (surdité, cécité ou mobilité réduite), des femmes immigrantes ou racisées, ainsi que des personnes ayant une déficience intellectuelle. Nous appuyons le travail de l’organisme RECAA (ressources ethnoculturelles contre les abus envers les aînéEs) qui oeuvre à la prévention des abus envers les aînéEs.





